Découverte de l'Inde par Geoffroy et Olivia
Les Indiens, portrait d'un peuple
Sudhir et Katharina Kakar
Voilà un livre qu’il faut lire !
Il s’agit d’un livre écrit à quatre mains par un couple d’indiens installés aux USA, lui psychanalyste, elle écrivain et spécialiste de l’histoire comparée des religions.
C’est donc un livre sur le peuple indien et sur son identité écrit par un couple d’indiens biculturels.
Pas facile comme sujet cette « indianité » lorsqu’il s’agit d’un peuple aussi morcelé et fragmenté mais il existe pourtant un patrimoine commun à tous les indiens dérivé de l’hindouisme.
Un premier chapitre est consacré à la notion de hiérarchie omniprésente en Inde. Il s’agit d’exister et le titre, la fonction sont essentiels ; à défaut l’indien cherchera à exister à tout prix ou d’être remarqué. La hiérarchie est aussi dans la famille, mais la famille indienne est davantage la famille étendue que la famille nucléaire ; « c’est la famille – et le rôle joué par les obligations qu’elle impose dans la vie des Indiens- qui cimente la société indienne ». Cette force est telle qu’elle explique aussi « le manque de confiance des Indiens dans les autres institutions de la société indienne ».
Un autre chapitre est consacré aux castes et le sujet est finement abordé avec l’explication des notions d’impureté ou de pollution.
La place de la femme fait l’objet d’un chapitre riche englobant aussi bien la préférence pour les garçons, la puberté, le mariage. La sexualité est abordée dans un quatrième chapitre avec la nécessaire vision historique qui passe par le Kamasutra, l’Inde médiévale.
Suit un chapitre sur la santé et les soins et on comprend mieux pourquoi la conception indienne du corps et la compréhension de ses processus sont assez éloignés de celles de l’Occident. Intéressante explication aussi de l’Ayurveda qui est tout autant une sagesse qu’une médecine. La nourriture est abordée et on apprend qu’avec « la nourriture on absorbe de la conscience, celle présente dans l’aliment, celle du cuisinier ». La conception de la mort est aussi expliquée : « les Hindous apprennent à considérer la mort comme la fin du corps physique, matériel et non comme la fin de la vie. La mort s’oppose à la naissance et non pas à la vie. C’est un intervalle entre deux existences et un passage vers la prochaine. » On y apprend aussi qu’il existe un paradis et un enfer et que la représentation populaire qui en est faite est peu éloignée de l’Ancien Testament.
Captivant chapitre que celui consacré à la religion et à la spiritualité avec le concept d’ « hindutva (hindouité), qui vise à mobiliser tous les hindous contre les influences culturelles et religieuses venues de l’étranger ».
Nous avons aussi apprécié le chapitre consacré au conflit entre les hindous et musulmans abordé sous l’angle historique, psychologie sociale, démographique. Nous apprenons beaucoup en lisant la partie intitulée « le musulman vu par l’hindou » et la partie suivante « l’hindou vu par le musulman ».
Ce livre nous paraît être l’idéal complément du livre « Le Défi Indien » dont nous avons déjà parlé dans ce blog. On apprend et surtout on comprend beaucoup de choses ce qui permet de mieux comprendre en les « détricotant » ces complexités de la société indienne.
Avec le « Défi Indien » un des meilleurs ouvrages pour ceux qui veulent comprendre et avancer dans la découverte de l’Inde.