Découverte de l'Inde par Geoffroy et Olivia
Mardi dernier nous vous montrions le portrait d'un "drôle de bonhomme"... Il
s'agissait du Général Allard.
Nous présentons donc à nos lecteurs l’histoire du Général Allard, capitaine des Hussards de l’armée napoléonienne qui par un de ces étranges hasards du destin jouera un rôle majeur auprès du
Royaume de Lahore (aujourd’hui au Pakistan). Chaque fois que nous croisons la route de ces français qui ont vécu en Inde, nous nous demandons comment ils ont pu vivre et s’adapter, s’intégrer à
l’Inde de cette époque. Comment un officier français, élevé dans les rigueurs de la chose militaire et dans les ambitions impériales, a-t-il pu s’intégrer aussi bien dans un pays peuplé de zones
tribales ? Un homme comme Jean-François Allard n’a rien d’un mercenaire et nous verrons qu’il sera amené à jouer aussi un rôle dans le domaine artistique. Homme d’honneur, il ramènera en
France la très jeune princesse indienne qu’il épousera afin de la mettre à l’abri d’une coutume ancestrale barbare (le sâti), mais mettra un point d’honneur à revenir à Lahore afin d’honorer la
promesse faite à son Roi et c’est au royaume de Lahore que la mort le surprendra.
Ce texte étant assez long, nous vous le présentons en plusieurs parties. Soucieux d’épargner la fatigue visuelle de nos lecteurs, nous avons volontairement peu parlé de plusieurs autres personnages qui font pourtant partie du décor de cette histoire. Ainsi en est-il de Jean-Baptiste Ventura (1792 – 1858), italien de naissance mais qui servit dans les armées napoléoniennes comme colonel d’infanterie. Il rencontra Allard à Téhéran et c’est avec lui qu’il arrivera à Lahore en mars 1822. Mentionnons également Claude-Auguste Court (1793 – 1880), ancien officier de l’Empire, Chevalier de la Légion d’Honneur et membre de plusieurs sociétés savantes ; il arrivera à Lahore en 1827. Paolo Avitable (1791 -1850) est un italien ayant servi dans les armées de Napoléon. Après un long séjour en Perse il rejoindra Lahore en 1827. Il parlait le perse et l’hindi. Allard, Ventura, Avitabile et Court seront appelés les quatre généraux français de Lahore, alors que deux d'entre eux sont italiens...
Enfin nous ne sommes pas attardés sur Victor Jacquemont, savant français qui vint à Lahore en 1831 mais qui écrivit des mémoires fort intéressantes sur sa vie et son séjour à Lahore.
Cette introduction étant terminée, il ne nous reste plus qu’à vous souhaiter un bon voyage en compagnie de Jean-François Allard.
Nous sommes en
1815, après la défaite de Waterloo ; Louis XVIII revient sur le trône de France, porté par les armées étrangères. Débute bientôt la Terreur blanche, au cours de laquelle le personnel
impérial est traqué par les ultraroyalistes déchaînés. L'armée subit une terrible épuration. Nombre d'officiers en sont chassés et deviennent des «demi-solde», ces hommes déclassés, sans avenir,
inlassablement persécutés par l'admini
stration policière.
Ces soldats formaient pourtant une caste bien distincte. Survivants d'une lignée de héros disparus, ils impressionnaient, car ils avaient sillonné le monde en vainqueurs ; ils étaient érudits, un
brin supérieurs. Parmi eux Jean-François Allard, capitaine des Hussards, et aide de camp du Maréchal Brune qui sera une des victimes de la Terreur blanche.
Jean-François Allard, né le 9 mars 1785, est sous l’uniforme dés l’âge de 18 ans et se fait vite connaître par ses actions d’éclat. Il faisait partie de cette garde impériale couverte d’honneurs et qui disparaît brutalement avec Waterloo. Pis encore, son protecteur le Maréchal Brune est assassiné et le voila repoussé par l’Armée, à 30 ans. Il fait alors le projet de partir en Amérique et achète même son billet pour embarquer sur une frégate lorsqu’il rencontre un officier italien qui lui propose d’aller chercher fortune en Egypte. Ils partent mais Allard ne trouve, comme fortune, qu’un accueil froid et la peste. Il part alors en Perse et est accueilli avec les honneurs par Abbas-Mirza, prince héritier perse. Il restera en Perse de février 1820 à septembre 1821.
A SUIVRE