Découverte de l'Inde par Geoffroy et Olivia
La vie quotidienne est pleine d'enseignements !
Ici en Inde, les tâches sont très fragmentées et dans l'univers des petits boulots, il existe mille tâches différentes, bien réparties et qui ne se mélangent pas. Dans un
magasin, vous parlez avec le vendeur, puis vous allez régler au caissier, puis vous allez voir l'emballeur qui prépare le paquet, lequel passera le paquet à quelqu’un qui le portera jusque dans
le coffre de votre voiture, cela peut sembler rapide et efficace mais non pas du tout. Lorsque vous êtes au restaurant, il n'est pas rare que le serveur qui vous a accueilli et conduit à votre
table s'efface au profit du chef serveur qui viendra prendre votre commande. Mais là où la fragmentation des tâches est la plus flagrante c'est dans l'immeuble. Un immeuble c'est une petite
entreprise regroupant des dizaines de petits boulots. Il y a la maid bien sûr qui normalement ne fait que le ménage ou que la cuisine; la nôtre semble échapper à la règle puisqu'elle fait les
deux mais nous ne l'avons pas encore testé sur la cuisine (bref elle fait les deux sauf la cuisine). Le chauffeur fait chauffeur mais par exemple ne lavera jamais la voiture car c'est le travail
du laveur de voitures attaché à l'immeuble...
A l'entrée de l'immeuble il y a trois gardiens, ou plutôt un gardien junior, un gardien confirmé et un gardien-chef. C'est le junior qui vous ouvre les portes de l'ascenseur et qui le fait
marcher, pas son chef. Il y a aussi le jardinier, ce qui fait drôle quand on n'a pas de jardin ! Le jardinier passe tous les mardis (tel que le propriétaire nous l’a proposé on a compris qu’on ne
pouvait pas dire non) pour s'occuper des pots de fleur, qui sont plutôt des pots de plantes. Il est censé arroser ces pots, mais pendant la mousson, le ciel s'en charge presque tous les jours,
alors il vient quand même pour remuer la terre, geste dont l'utilité pose à mon intelligence cognitive une équation à ce jour non résolue... Il y a également la femme qui règne sur l’escalier de
service et qui descend les poubelles. Il y a aussi le laveur de carreaux qui vient à la demande. A quelques mètres de l’immeuble il y a le cireur de chaussures bien utile pour Geoffroy qui depuis
son arrivée résiste à l’envie de prendre soin de ses chaussures.
Evidemment tout cela peut paraître peu productif, mais comme me le faisait remarquer un collègue indien, il faut bien que tous ces gens aient un travail.